Ce que les poussières peuvent provoquer dans les poumons

En dépit de l’existence des mécanismes qui les protègent des particules de poussière, les poumons ne sont pas à l’abri de maladies provoquées par l’inhalation excessive d’infimes matières. On en cite les allergies pulmonaires ou la fibrose, une affection des poumons qui entraîne des difficultés respiratoires pouvant être mortelles.

Quelles peuvent être les conséquences de l’inhalation de poussières sur les poumons ? Quelles sont les matières les plus à risque et comment s’en prémunir ? Voici les réponses.

Le rôle des poumons

On le sait tous, les poumons sont les organes qui nous permettent de respirer et qui extraient l’oxygène se trouvant dans l’air inspiré pour le transporter dans le sang. Ils se chargent ensuite d’expulser le gaz carbonique qui se trouve dans celui expiré vers l’extérieur. C’est la raison pour laquelle ils ne sont jamais à l’abri d’une inhalation par mégarde de particules de poussière qui sont susceptibles de s’y engouffrer profondément.

Heureusement que les poumons disposent d’un dispositif de défense naturelle, une sorte de barrière qui empêchent les poussières de toute sorte d’atteindre l’appareil respiratoire. Cela arrive cependant dans certains cas, car même si pouvant expulser eux même ces minuscules corps étrangers, il arrive que les poumons développent des maladies en provenant justement. Quand les premiers symptômes apparaissent pourtant, il devient alors difficile d’y venir à bout et les conséquences sont souvent fatales.

Ce qui se passe quand on respire des poussières

Même si par inadvertance, on a respiré de la poussière, les fines particules de matière n’atteignent pas forcément les poumons. Ces derniers disposent en effet de plusieurs mécanismes de défense, dont les poils du nez, le mucus sécrété par les bronches souches ou les bronchioles et les cils vibratiles qui tapissent les parois des conduits aériens. Si les fines matières arrivent quand même dans les sacs alvéolaires et les voies aériennes inférieures des poumons, elles sont de suite attaquées par les macrophages, des cellules de défenses pulmonaires dont le rôle est d’y empêcher l’accumulation de corps étrangers. Après les avoir avalés, ces cellules rejoignent les voies aériennes protégées par des cils vibratiles et y expulsent via la gorge ou la bouche les intrus.

En produisant certaines protéines, les poumons arrivent aussi à neutraliser d’une autre manière ces particules. Ces dernières, pouvant être minéral ou organique, le dernier type peut provoquer des maladies comme l’histoplasmose, la psittacose et la fièvre Q. Lorsque provenant de produits chimiques organiques comme des teintures ou des pesticides, elles provoquent aussi des effets hautement toxiques pouvant développer un cancer.

La réaction des poumons face aux poussières

L’appareil respiratoire réagit différemment suivant la zone où s’est logée la particule de poussière. Si se trouvant dans le nez, elle engendre une inflammation de la muqueuse nasale ou une rhinite. Si logée dans les voies aériennes, une trachéite ou une bronchite en ressort.

Les réactions les plus graves se situent dans les profondeurs de l’appareil respiratoire. En effet, si un grand nombre de particules atterrit dans les sacs alvéolaires ou les extrémités des voies aériennes, le dispositif de défense des poumons peut ne plus être efficace. Apparaissent ainsi les lésions pulmonaires, dont la gravité, ou non dépend de la quantité et de la nature des particules y logées.

Au cas où il s’agit de débris de silice, les macrophages meurent en essayant de les détruire. Ils libèrent ensuite des substances toxiques qui provoquent la formation de tissus fibreux ou cicatriciels. Avec cette matière, ces derniers sont trop importants qu’ils dérèglent le fonctionnement de l’organe. Apparaît ensuite l’affection désignée sous le terme de fibrose dont les particules à son origine sont appelées fibrogènes. En cas d’inhalation de silice, on parle ainsi de silicose.

Les facteurs influençant les effets de la poussière

Plusieurs facteurs conditionnent également la gravité ou non de ces maladies issues des effets de la poussière sur les poumons. Le premier est la taille de la particule, vient ensuite sa composition chimique, susceptible de détruire les cils vibratiles. L’état de santé de la personne ayant respiré de la poussière est le facteur suivant, dont son rythme respiratoire, son tabagisme s’il y a, etc. En effet, plus intensément la personne inspire et plus longtemps il garde son souffle, plus il voit grandir ses probabilités de développer une fibrose.

Les maladies relatives aux métiers provoquant de la poussière

Ce n’est pas étonnant donc si les personnes travaillant dans un environnement poussiéreux sont les plus susceptibles de développer des maladies provenant de l’inhalation de poussières. On désigne celles-ci sous le nom de pneumoconiose ou des poumons poussiéreux en référence à la manière dont elles les ont contractées. Si elles proviennent de la silice, les poumons restent encore un tantinet élastiques, tout le contraire de la maladie issue de l’exposition à l’amiante, au béryllium ou au cobalt. En effet, le tissu cicatriciel qui en est à l’origine recouvre totalement les surfaces des voies aériennes inférieures, rendant complètement rigides les poumons.

Les poussières de carbone et de fer ne provoquent toutefois pas les mêmes conséquences, car elles restent prisonnières des macrophages jusqu’à ce que celles-ci meurent. D’autres cellules les rattrapent après et ainsi de suite. Au cas où le nombre des particules dépasse celui des macrophages, celles-ci tapissent seulement les parois internes des voies respiratoires sans provoquer de processus de cicatrisation. Des infimes lésions apparaissent seulement.

La protection des poumons face à l’exposition à la poussière

Aussi, pour éviter l’apparition de ces maladies respiratoires provoquées par l’inhalation de poussières en grande quantité, il convient de remplacer par d’autres matières moins à risque celles dangereuses pour la santé. Si cela s’avère impossible à faire, il faut employer d’autres méthodes de contrôle technique.

Les procédés par voie humide sont de ce fait des alternatives fiables. Il en est de même pour le confinement des procédés provoquant des poussières, et ce, sous pression négative. Il y aussi l’extraction de l’air chargé de poussières par un système de collecter avant sa libération dans l’atmosphère ou l’usage d’aspirateurs à la place de balais. L’entretien régulier des locaux en est d’autres au même titre que l’entreposage ou le transport, mais aussi l’élimination contrôlée des déchets toxiques produits.